Source de l’image : https://dont-nod.com/fr/games/lost-records-bloom-rage/
Lost Records : Bloom & Rage est sorti le 18 février 2025 sur PC, PS5 et Xbox Series (en deux parties, la seconde disponible depuis le 15 avril 2025). Je n’ai pas joué au jeu, mais les sources disponibles, dont deux vidéos de joueurs explorant le mode photo en détail permettent d’en faire une description documentée.
Un jeu où la photographie est déjà dans l’ADN
Avant même de parler du mode photo, il faut comprendre ce qui rend Lost Records singulier : la photographie n’est pas une fonctionnalité ajoutée après coup. Elle est au cœur du jeu lui-même.
Dans la partie « 1995 » du récit, on incarne Swann, une adolescente de Velvet Cove, Michigan, qui filme tout avec son camescope. Filmer les répétitions du groupe, capturer des oiseaux, des tags sur les murs, des paysages au bord du lac…
C’est à la fois un mécanisme de jeu et une manière de raconter l’histoire. Don’t Nod a poussé le réalisme jusqu’à simuler les tremblements de main via le gyroscope du DualSense, et le rendu à la lecture est délibérément granuleux, instable, VHS.
Le camescope ne ressemble pas à une caméra de jeu vidéo. Il ressemble à un vrai camescope de 1995.
C’est dans ce contexte que le mode photo prend sa place et sa cohérence dans le jeu.
Le mode photo : un outil distinct du camescope
Lost Records dispose d’un mode photo classique, séparé du camescope. On ne filme pas : on compose, on règle, on capture. L’interface est organisée en trois onglets, et c’est là que ça devient intéressant.
Les outils disponibles
Onglet Caméra
- Les fondamentaux optiques sont tous présents : champ de vision (focale), distance focale, ouverture. Ce trio permet de travailler la profondeur de champ avec précision : ouvrir l’objectif pour isoler un visage sur un arrière-plan flou, ou fermer pour garder toute une scène nette. On trouve aussi un curseur « Incliner » qui permet de faire pivoter l’image jusqu’à -90°, soit une rotation complète vers le portrait (ainsi que la possibilité de faire des images au format smartphone). Une option utile pour des compositions volontairement déstabilisées..
Onglet Ajustements
- Le cœur du travail colorimétrique. Des presets de filtres numérotés cohabitent avec un mode « Personnalisé » qui donne accès à cinq curseurs indépendants : gamma, luminosité, contraste, saturation, et grain filmique. Ce dernier curseur n’est pas anodin dans un jeu où le camescope VHS est une pièce centrale du récit : pousser le grain dans le mode photo crée une continuité esthétique entre les deux modes de capture. La même texture qui habite les séquences filmées peut venir envelopper une photo composée en mode libre.
Onglet Cadre & Logos
- En plus des cadres classiques (formats, formats polaroïd, etc.), le jeu propose des overlays de logos thématiques directement issus de son univers : « Trust No One », « See You in Hell », des slogans en typographie punk/graffiti qui collent à l’esthétique du groupe de Swann. Ces logos sont repositionnables horizontalement et verticalement. C’est une façon de signer une image avec l’identité du jeu lui-même.
L’esthétique du jeu comme terrain photographique
Lost Records se déroule dans deux environnements très distincts : Velvet Cove en été 1995, et le présent de 2022. La partie 1995 offre des décors de nuit, des bars en néon, des sous-bois du Michigan, des chambres d’adolescentes tapissées de posters. C’est un univers de lumières artificielles chaudes dans l’obscurité — le genre d’environnement qui se prête naturellement à une photographie à forte ouverture, avec un flou d’arrière-plan travaillé et un grain poussé pour renforcer l’atmosphère nocturne.
La deuxième vidéo de présentation du mode photo montrait d’ailleurs une prise de vue saisissante : le visage d’un personnage reflété dans un verre, caméra inclinée à -90°, ouverture maximale. Le résultat ressemble davantage à une photo de concert argentique des années 90 qu’à un screenshot de jeu vidéo. C’est exactement le genre de composition que l’interface rend accessible.
Pour quel type de photographe ?
Lost Records est taillé pour deux pratiques en particulier. Le portrait intimiste d’abord : les personnages principaux ont des identités visuelles très marquées, et la combinaison distance focale / ouverture permet d’obtenir un rendu proche de la photographie de portrait réelle. Le paysage nocturne et les espaces intérieurs ensuite : les bars, les intérieurs de maison, les bords de lac à la tombée de la nuit — autant de scènes qui se photographient avec les mêmes contraintes techniques que la vraie photo de nuit, et que le mode photo équipe pour y répondre.
Conclusion
Le mode photo de Lost Records : Bloom & Rage est cohérent avec l’identité d’un jeu. Le grain filmique fait écho au camescope, les logos transforment l’overlay en signature culturelle, et le tilt ouvre des possibilités de composition inhabituelles. Don’t Nod n’a pas greffé un mode photo sur son jeu : ils en ont fait la continuité naturelle de ce que Swann fait avec son camescope depuis le début.
Sources :
TikTok @sazfoly — Lost Records photo mode overview
TikTok @photoingame — Lost Records Bloom & Rage PS5 Photo Mode
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