Source de l’image : Photomode of Yotei
Ghost of Yōtei, sorti le 2 octobre 2025 sur PS5, est la suite spirituelle de Ghost of Tsushima. Sucker Punch a visiblement soigné son mode photo autant que le reste du jeu. Je n’ai pas encore eu l’occasion d’y jouer, mais le PlayStation Blog a publié une présentation détaillée de toutes ses fonctions — voici ce que ça donne, vu de l’extérieur.
Une plage focale exceptionnelle : 12 mm à 300 mm
C’est probablement le point le plus impressionnant sur le papier. Très peu de modes photo proposent une telle amplitude. Pour situer les choses en termes photographiques :
- 12 à 24 mm : le territoire du grand-angle, voire de l’ultra grand-angle. Idéal pour les paysages de Hokkaido dans toute leur démesure — on y capte la vastitude des plaines d’Ezo, la profondeur des forêts, la hauteur des volcans. À 12 mm, les premiers plans sont exagérément proches et l’horizon semble reculer à l’infini.
- 35 à 50 mm : la focale « naturelle », proche de ce que perçoit l’œil humain. Parfaite pour les portraits environnementaux — Atsu dans son contexte, sans distorsion.
- 85 à 135 mm : le territoire classique du portrait. Les visages sont flattés, la compression du fond commence à se faire sentir. C’est ici que le bokeh devient vraiment élégant.
- 200 à 300 mm : le téléobjectif. Permet d’aller chercher un détail lointain, un personnage à l’arrière-plan, ou de comprimer l’espace pour rapprocher visuellement deux éléments distants — une technique narrative puissante.
Ouverture f/1.2 à f/63 : la maîtrise du flou
La profondeur de champ va de f/1.2 à f/63, et c’est du haut de gamme.
- f/1.2 est une ouverture qu’on trouve sur des optiques réelles très onéreuses. Dans le jeu, ça donne un bokeh très prononcé : le sujet est net, tout le reste disparaît dans un flou doux. Associé à une focale longue, l’effet est quasi cinématographique.
- f/63, à l’autre extrême, donne une netteté totale du premier plan à l’infini — utile pour les paysages où on veut que chaque brin d’herbe et chaque pic enneigé soient également nets.
La distance de mise au point va de 0,1 m à 200 m, ce qui permet des macros très serrées (un détail de costume, une cicatrice sur une main) autant que des plans larges sur des scènes lointaines.
Color grading : des filtres pensés pour le Japon
Les options de colorimétrie sont au nombre de onze, et on peut deviner certaines intentions derrière.
- Maple : désature tout sauf le rouge. Utilisé sur une scène d’automne, les feuilles rouges ressortent sur un fond gris — mais aussi les blessures sur les mains d’Atsu. Un outil de narration visuelle.
- Ginkgo : même principe pour le jaune — parfait pour les forêts de ginkgos en automne.
- Tintype : imite le procédé photographique du XIXe siècle. Cohérent avec l’époque du jeu (ère Meiji).
- Samurai Red : contraste fort teinté vers les rouges chauds, à l’image des estampes japonaises.
- Storm : désaturé, tons froids, dramatique.
- B/W Vintage : noir et blanc vieilli — idéal pour les scènes de combat, où l’on peut simuler un aspect quasi documentaire.
L’intensité de chaque filtre est réglable de 0 à 100 %, ce qui permet de doser subtilement plutôt que d’appliquer brutalement.
Particules et météo : le contrôle de l’atmosphère
C’est là que Ghost of Yōtei fait vraiment fort. Le jeu est situé à Hokkaido, île du nord du Japon aux saisons très marquées, et Sucker Punch a décliné chaque ambiance.
- Particules disponibles : feuilles rouges, jaunes, de bambou, vertes ; cerisiers, pampas, cendres et braises, lucioles, libellules, papillons, corbeaux, oiseaux chanteurs, grues rouges (tsuru, symbole de longévité), shima-enaga (petit oiseau blanc emblématique d’Hokkaido), aurores boréales.
Cette liste est presque un catalogue de symboles culturels japonais. Les grues rouges en particulier ont une charge symbolique forte — les photographier dans un paysage hivernal est un classique de la photographie japonaise.
- Contrôle du vent : vitesse (0 à 44 %) et direction (0 à 358°) sont réglables indépendamment. Des cerisiers qui tombent de gauche à droite créent un mouvement très différent de ceux qui tombent vers la caméra.
- Météo complète : temps clair, brouillard, brouillard épais, trouée de soleil, couvert, pluie/neige, forte pluie/neige, orage. Le cycle jour/nuit est contrôlable à la minute près — pour chercher précisément la lumière rasante du lever de soleil ou la teinte bleue de l’heure bleue.
Le Tracking Shot : de la photo au cinéma
Le Tracking Shot permet d’enregistrer jusqu’à 16 positions de caméra successives, que le jeu enchaîne ensuite en un plan animé. C’est l’équivalent d’un travelling au cinéma — ou d’un slider en photographie vidéo. Le résultat peut être utilisé comme cinemagraph (image partiellement animée) ou exporté comme vidéo.
Les détails qui comptent
- Sword Glint (0 à 15) : l’éclat de la lame. Un reflet accentué sur le katana attire l’œil et crée un point focal immédiat.
- Aspect ratio 21:9 et 32:9 : formats ultra-larges (cinémascope). À 32:9, l’image ressemble à un panoramique de photographie de paysage.
- Musique intégrée : la bande sonore peut être jouée pendant la prise de vue — une touche d’immersion qui change l’état d’esprit au moment de composer.
- Atsu visible ou cachée, avec état (propre, sale, ensanglantée) : un choix narratif fort. Une même scène de bataille racontée avec une Atsu ensanglantée ou propre ne dit pas la même chose.
Conclusion
Sans avoir joué mais en observant la description et l’utilisation du mode photo (bien documenté en ligne pour le coup), le mode photo de Ghost of Yōtei semble être parmi les plus complets du genre. La plage focale 12-300 mm, la gestion des particules avec direction du vent, les filtres couleur à intention culturelle et le Tracking Shot en font un outil à part.
L’ancrage dans l’iconographie japonaise (grues, ginkgo, tintype) semble particulièrement travaillé.
Il donne une cohérence photographique au monde du jeu. La comparaison avec Ghost of Tsushima sera inévitable. Les joueurs qui avaient découvert la photographie in-game avec Tsushima trouveront ici une continuité naturelle, en plus riche.
Source : PlayStation Blog — Ghost of Yōtei Photo Mode features detailed
Article rédigé à partir de sources publiques — mode photo non testé en jeu.
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